C’est quoi un blog aujourd’hui ?
C’est peut-être l’un des derniers espaces où l’on peut encore déposer ce qu’on ressent sans artifice. Contrairement aux réseaux sociaux, où l’on met en avant nos réussites, nos jolis moments, nos victoires bien cadrées… Ici, j’aimerais parler sans filtre. Écrire avec le cœur. Pas pour être vue, ni comprise, mais pour partager. Pour peut-être trouver écho dans une autre âme.
On vit dans un monde qui va vite, un monde où tout semble jugé à travers un prisme : paraître. Alors on apprend à taire ce qui dérange, on maquille ce qui fait mal. Pourtant, si on osait simplement dire les choses… Peut-être qu’on se comprendrait un peu mieux. Peut-être qu’on se blesserait un peu moins.
Quand on se retrouve seule face à soi-même…
Ces derniers mois – ou devrais-je dire ces dernières années – ont été pour moi un vrai vertige émotionnel. Une sorte de tempête silencieuse, où chaque jour devenait un combat pour tenir debout. J’ai essayé d’être forte. Parfois j’y suis arrivée. Parfois non.
Mon histoire personnelle est faite d’hypersensibilité. D’un besoin presque viscéral de comprendre les choses. D’un cœur qui, souvent, ressent trop fort. Et c’est épuisant quand on ne sait pas toujours comment exprimer ce qui se passe à l’intérieur.
2022, 2023, 2024… Chaque année semblait m’ajouter un poids. Jusqu’à ce que 2024 devienne cette année où tout s’est effondré. Les émotions, les douleurs anciennes et nouvelles, les incompréhensions… Il fallait que quelque chose sorte. Il fallait que quelque chose change.

Une rencontre inattendue…
Parfois, on croise quelqu’un qui, sans le vouloir, vient toucher une partie de nous qu’on avait enfouie. Une rencontre brève, mais intense. Une connexion inattendue, venue sans prévenir. Et pour la première fois, j’ai baissé mes gardes. J’ai laissé mon cœur parler, s’ouvrir, donner sincèrement.
Même si aujourd’hui cette histoire semble avoir disparu, même si de l’extérieur elle peut sembler insignifiante… Moi, je sais ce que j’ai vécu. Je sais où j’ai placé mon cœur. Ce que j’ai ressenti était vrai. Et c’est sans doute ce contraste – entre ce que j’ai donné et ce que je n’ai pas compris – qui a ravivé des douleurs profondes.
Quand on a déjà connu l’abandon, l’injustice ou l’incompréhension, certaines expériences viennent heurter encore plus fort. Ce n’était pas juste une peine de cœur, c’était une faille qui s’est rouverte. Et cette faille, j’ai dû apprendre à la regarder en face.
Le retour aux racines
Début 2025, un nouveau choc : l’annonce de la maladie de ma mère. Un coup de massue, une urgence silencieuse qui m’a obligée à revoir mes priorités. À chercher de la force là où je pensais ne plus en avoir. C’est ce qui m’a poussée à revenir sur mes pas. À retourner là où j’avais laissé une partie de moi, dans l’espoir de la retrouver.
Ce n’est pas un retour en arrière. C’est un retour vers moi-même. Un besoin de comprendre, de guérir, de me reconnecter à mon propre chemin. Car parfois, on ne guérit pas en oubliant, mais en acceptant. En se confrontant à ce qui nous a blessés, sans rancune, mais avec tendresse.
Pardonner, même en silence
Je ne cherche pas des coupables. Je ne veux pas rejeter la faute. Dans toute relation, il y a des maladresses, des blessures partagées. Mais j’ai choisi de pardonner. Parce que le pardon libère, même si l’autre ne le demande pas.
Ma sœur, par exemple, a choisi de s’éloigner. Et cela a été un déchirement. Elle représentait un ancrage pour moi. Son absence a laissé un vide. Mais dans ce vide, j’apprends à tenir debout autrement. Moins solidement, peut-être, mais plus sincèrement.
À toi qui me lis
Si tu es encore là, merci. Peut-être que tu te reconnais dans certains mots. Peut-être que toi aussi tu traverses une période où tout semble flou. Sache que tu n’es pas seul(e). Que même dans la douleur, il y a du lien. Même dans le silence, il y a de l’espoir.
Et surtout, rappelle-toi que la guérison ne ressemble à rien de ce qu’on voit sur Instagram. Elle est lente, imparfaite, parfois violente. Mais elle est réelle. Et elle commence par là : par oser poser des mots sur ce que l’on vit.
Alors si toi aussi, tu marches sur un fil, je t’envoie de la lumière. Parce que malgré tout, on peut toujours revenir vers soi. Et qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre à s’aimer.